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Le combat d’une femme contre l’une des pires causes de mortalité en Afghanistan

Nadja sait que la mort guette sans cesse Ishkashim, une petite ville rurale située dans le nord de l’Afghanistan. Elle a suivi une formation de deux ans pour prévenir la tragédie avant qu’elle ne survienne. Toujours prête, elle est fière d’être aux premières lignes du combat. Mais la lutte de Nadja n’est pas contre un groupe d’insurgés ou une catastrophe naturelle.

 

Ses armes : un stéthoscope et des tableaux médicaux.

 

Attentats suicides, tremblements de terre et agressions contre des écolières, voilà ce que les médias nous montrent habituellement de l’Afghanistan. Mais les nouvelles mentionnent rarement un autre danger, bien plus mortel encore : la grossesse.

 

En Afghanistan, une femme sur cinquante-deux meurt de complications liées à la grossesse et à l’accouchement. Les statistiques sont particulièrement accablantes dans les régions rurales, où les services de santé sont difficiles d’accès, par exemple au Badakhshan, la province du nord-est où Nadja vit et travaille.

 

« Lorsque j’étais au secondaire, je savais déjà que je voulais être une sage-femme. J’ai choisi ce métier moi-même », explique la jeune femme.

 

Nadja vient d’un petit village situé à environ 40 minutes de voiture de la ville d’Ishkashim, près de la frontière de l’Afghanistan avec le Tadjikistan. En grandissant, elle entendait parler de femmes et de bébés qui mouraient durant l’accouchement. Il n’y avait aucune professionnelle de la santé dans les parages. Cette réalité l’a inspirée à devenir la première sage-femme de son village.

 

Les défis auxquels les femmes enceintes et leurs nouveau-nés font face sont de taille, mais sont souvent faciles à traiter. Selon un rapport de 2014 produit par le Fonds des Nations Unies pour la population, les principales causes de mortalité maternelle sont les hémorragies, les éclampsies, les accouchements avec obstruction et la sepsie. Dans quatre cas sur cinq, l’aide d’une professionnelle compétente au bon moment permet d’éviter la mort.

 

Selon l’UNICEF, moins de la moitié des naissances en Afghanistan ont lieu en présence d’une assistante à la naissance compétente – un médecin, une infirmière ou une sage-femme ayant reçu une formation sur la grossesse et l’accouchement. Dans les centres urbains comme Kaboul, près de trois femmes sur quatre accouchent avec l’assistance d’une professionnelle. Mais dans les zones rurales, ce pourcentage passe à une femme sur trois.

 

En 2012, Nadja a fait un voyage de sept heures en voiture à partir d’Ishkashim afin de s’inscrire à une formation de sages-femmes à l’hôpital provincial de Faizabad, un centre médical soutenu par la Fondation Aga Khan du Canada (la Fondation) et le gouvernement du Canada. L’hôpital offre un programme pour les femmes qui vivent dans des régions rurales de la province et qui jouissent du soutien de leurs collectivités pour recevoir cette formation cruciale.

 

Nadja a maintenant terminé le programme, et elle travaille dans le centre de santé communautaire d’Ishkashim, où elle vient en aide à des patientes de la région, qui comprend le village où elle a grandi.

 

Nadja dispense des soins essentiels durant l’accouchement, mais elle offre également un soutien aux femmes pendant la grossesse et après la naissance.

 

Afin de suivre l’état de santé des futures mères, elle effectue des examens réguliers et achemine les cas où il y a danger au médecin du centre de santé local, afin de prévenir les complications et les situations d’urgence.

 

Après une naissance, Nadja supervise le rétablissement de la mère ainsi que la croissance du bébé. Les sages-femmes sont également des ressources pour les nouveaux parents, puisqu’elles dispensent de l’information sur des sujets comme la nutrition et l’allaitement.

 

« Je suis fière de moi, affirme Nadja, qui a maintenant aidé plus de 50 femmes à accoucher, parce que je suis capable d’aider les femmes de ma communauté. Je peux leur offrir les connaissances que j’ai acquises à l’école. »

 

Malgré les statistiques alarmantes, la santé des mères et des enfants de l’Afghanistan s’est améliorée énormément depuis l’an 2000, alors que 1 100 femmes enceintes mouraient par tranche de 100 000 naissances vivantes, selon l’Organisation mondiale de la santé. En 2015, ce nombre avait reculé de près de 66 %, et se chiffrait à 396.

 

La Fondation travaille à améliorer la santé en Afghanistan, au Kirghizistan, au Pakistan et au Tadjikistan par le biais d’une programmation régionale. Toute une gamme de services est ciblée, de l’information sur des problèmes de santé de base aux traitements spécialisés pour des affections graves.

 

L’amélioration de la santé d’une population est une tâche complexe. L’investissement dans l’infrastructure et la formation pour les professionnels de la santé est nécessaire si l’on souhaite faire des progrès durables, et le soutien de programmes de sage-femme constitue un élément clé avéré dans la lutte contre la mortalité maternelle et néonatale.

 

Nadja sauve la vie de femmes qui donnent naissance à la prochaine génération, mais sa carrière a également changé son rôle au sein de sa collectivité.

 

« Avant, j’étais une personne normale, une enfant parmi d’autres, déclare-t-elle avec un sourire tranquille. Aujourd’hui, on me voit différemment. »

 

 

Cliquez ici pour en apprendre davantage sur la façon dont la Fondation améliore la santé maternelle, néonatale et infantile en Afrique et en Asie. Visitez cette galerie de photos.

 

Visionnez cette vidéo pour en apprendre davantage sur l’importance du soutien à la santé maternelle, néonatale et infantile.

 

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